Publié le 2026-01-19 21:58:42
Le Togo a extradé Paul-Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso, accusé de complot contre le régime d’Ibrahim Traoré. Une décision qui illustre les nouvelles réalités sécuritaires et diplomatiques en Afrique de l’Ouest
Arrestation à Lomé et transfert discret vers Ouagadougou
Le 17 janvier 2026, l’ex-président de la transition burkinabè, Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été arrêté à Lomé par les services de sécurité togolais avant d’être rapidement extradé vers Ouagadougou. Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, l’opération s’est déroulée dans la plus grande discrétion, à bord d’un avion privé affrété par les autorités togolaises, sur instruction directe de la présidence.
Les accusations du régime burkinabè
À Ouagadougou, le régime du capitaine Ibrahim Traoré accuse Damiba d’avoir participé à un projet de coup d’État prévu début janvier 2026. Les autorités affirment que ce complot aurait bénéficié de soutiens extérieurs avant d’être déjoué par les services de renseignement. Bien que difficiles à vérifier de manière indépendante, ces accusations traduisent le climat de suspicion permanente qui entoure la transition burkinabè.
Le Togo face à un dilemme diplomatique
Informé dès le 31 décembre 2025 de l’existence supposée de ce projet, le Togo aurait adressé plusieurs avertissements à Damiba, lui demandant de s’abstenir de toute activité politique ou sécuritaire. Le maintien de l’ex-lieutenant-colonel sur le sol togolais devenait un risque diplomatique majeur. Soucieux de préserver son rôle de médiateur régional, Lomé ne pouvait se permettre d’être perçu comme un sanctuaire pour une figure jugée déstabilisatrice par l’Alliance des États du Sahel (AES).
Un signal de coopération sécuritaire
En procédant à cette remise, Lomé envoie un message clair de coopération à Ouagadougou et s’aligne sur les nouvelles réalités géopolitiques régionales. Cette décision illustre la marge de manœuvre réduite des États côtiers face aux exigences sécuritaires des régimes militaires sahéliens.
Damiba face à de lourdes poursuites
Déjà mis en cause en septembre 2024 dans une affaire de complot présumé, Damiba pourrait désormais être poursuivi pour haute trahison et atteinte à la sûreté de l’État. Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de durcissement juridique et pénal au Burkina Faso.
Une recomposition silencieuse des alliances régionales
Au-delà du cas individuel de Damiba, cette affaire révèle une recomposition des rapports de force en Afrique de l’Ouest. L’exil politique, longtemps perçu comme une protection, ne constitue plus une garantie durable pour les anciens dirigeants déchus du Sahel.
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