Publié le 2025-11-07 09:18:46
Le Ghana vient de franchir un cap historique dans son système éducatif. Une réforme majeure a été adoptée, visant à utiliser les langues maternelles comme principales langues d’enseignement dans les écoles de base. Cette initiative concerne les élèves de la maternelle jusqu’à la 3ᵉ année du primaire, qui apprendront désormais à lire, écrire et comprendre dans leur langue locale — qu’il s’agisse du twi, de l’ewe, du dagbani, du ga ou d’une autre langue.
Un tournant pour l’éducation de base
L’objectif de cette réforme est triple : améliorer la compréhension des élèves, renforcer leur identité culturelle et offrir un meilleur départ dans l’apprentissage. Jusqu’ici, l’anglais, langue héritée du colonialisme, dominait l’enseignement dès les premières années, ce qui pouvait poser des obstacles à des enfants peu familiarisés avec cette langue à la maison.
Haruna Iddrisu, ministre ghanéen de l’Éducation, souligne que cette décision s’inscrit dans le cadre de l’agenda « Reset » du président John Dramani Mahama. Selon lui, « enseigner dans la langue que les enfants comprennent naturellement permet d’améliorer les acquis scolaires et de valoriser notre riche patrimoine linguistique ».
Les avantages attendus
Les recherches pédagogiques montrent que l’enseignement dans la langue maternelle favorise l’apprentissage, notamment en lecture et en écriture. Les enfants développent une meilleure compréhension des concepts, peuvent exprimer leurs idées plus facilement et gagnent en confiance dans leurs capacités.
Sur le plan culturel, cette réforme constitue une affirmation de l’identité africaine. Elle valorise les langues locales longtemps marginalisées et renforce le sentiment d’appartenance à la communauté et à la culture du Ghana.
Mise en œuvre et défis
Concrètement, l’instruction sera dispensée en langue maternelle de la maternelle (KG) jusqu’à Primary 3. À partir de Primary 4, l’anglais deviendra progressivement la langue principale, tandis que la langue locale continuera d’être enseignée comme matière scolaire. Le Ghana Education Service (GES) est chargé de la mise en œuvre dans toutes les écoles publiques et privées.
Cependant, cette transition comporte des défis. Le Ghana compte plus de 70 langues, ce qui complique la production de manuels et la formation d’enseignants qualifiés. De plus, dans les zones urbaines où les élèves parlent des langues très diverses, déterminer la langue dominante de la classe peut être complexe.
Une stratégie audacieuse
Malgré ces obstacles, l’initiative est saluée par de nombreux enseignants et linguistes comme un choix audacieux et visionnaire. Elle promet un meilleur départ scolaire pour les enfants et pourrait réduire le taux d’échec lié à une compréhension insuffisante de l’anglais.
En somme, le Ghana ouvre la voie à une éducation plus inclusive, ancrée dans les réalités linguistiques et culturelles de ses jeunes citoyens. Si la mise en œuvre est rigoureuse et accompagnée de ressources adaptées, cette réforme pourrait devenir un modèle pour d’autres pays africains souhaitant valoriser leurs langues et améliorer l’apprentissage des enfants dès le plus jeune âge.
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